Ce que les 14 maires ont répondu à notre questionnaire
Huit questions fermées, quatorze maires, onze réponses. La grille complète, les trois silences, et le seul sujet sur lequel les onze répondants sont d'accord — ce n'est ni l'eau, ni l'école.
Camille Fournier-BraudLecture : 6 min
Nous avons envoyé le 18 mai, aux quatorze maires du plateau, huit questions fermées. Pas d'entretien, pas de sujet imposé, pas de citation à valider : huit cases à cocher et une seule question à choix multiple, sur une page.
Onze ont répondu. La grille complète est publiée ci-dessous, commune par commune. Les trois qui n'ont pas répondu sont nommés, avec ce que nous savons de leur silence.
Les onze répondants sont unanimes sur un point, et un seul. Ce n'est ni l'eau, ni l'école — les deux sujets qui ont occupé le plateau depuis janvier.
Les onze réponses, question par question
1. Votre commune dispose-t-elle d'un document d'urbanisme opposable et à jour ? Six oui, cinq non. Les cinq « non » sont les cinq communes les moins peuplées parmi les répondants.
2. Disposez-vous, en 2026, d'au moins un logement communal vacant ? Neuf oui, deux non. Les neuf déclarent vingt-trois logements vacants au total, dont onze le sont depuis plus de trois ans.
3. Avez-vous délibéré entre le projet de plan local d'urbanisme à 96 hectares et la version arrêtée à 38 ? Quatre oui, sept non. C'est la réponse la plus lourde de la série, et c'est aussi celle sur laquelle deux maires ont contesté la formulation, estimant qu'un avis rendu en conférence des maires vaut délibération. Il ne la vaut pas au sens du code, et nous avons maintenu la question.
4. Votre commune verse-t-elle une participation au transport scolaire ? Dix oui, un non.
5. Un commerce a-t-il ouvert ou fermé dans votre commune depuis 2021 ? Trois ouvertures, cinq fermetures, trois communes sans mouvement.
6. Avez-vous été consulté avant l'arrêté de coupure nocturne du 24 avril ? Quatre oui, sept non. Sur les six communes concernées par la coupure, cinq ont répondu : deux disent avoir été consultées, trois disent ne pas l'avoir été.
7. Votre budget 2026 prévoit-il un emprunt nouveau ? Cinq oui, six non.
8. Si vous pouviez décider d'une seule dépense supplémentaire, laquelle ? Cinq choix étaient proposés : voirie communale, école, réseau d'eau, santé, action culturelle. Onze maires sur onze ont coché « voirie communale ».
8questions fermées
envoyées aux quatorze maires le 18 mai
11réponses
sur quatorze, deux relances écrites
604km
de voirie communale sur le plateau
21,5ans
l'intervalle réel de renouvellement, pour une durée de vie de 15
L'unanimité, et ce qu'elle recouvre
Onze sur onze, sans une hésitation : c'est le seul résultat de ce questionnaire qui ne souffre aucune interprétation, et c'est celui que nous n'attendions pas. Depuis janvier, le plateau a parlé d'eau et de carte scolaire. Aucun des deux n'a recueilli une voix.
L'explication tient probablement moins à l'importance des sujets qu'à la formulation de la question : « une seule dépense supplémentaire » se lit, pour un maire, comme « une dépense que vous pouvez décider ». L'eau relève de la communauté, l'école relève de l'État pour les postes et de la communauté pour le transport, la santé relève du centre de Val-d'Ambre. La voirie communale est la dernière compétence qui soit entièrement la leur, et la seule sur laquelle une délibération produit un effet visible sans passer par personne.
Nous avons donc rassemblé les chiffres, commune par commune, à partir des comptes administratifs 2025 et des linéaires déclarés.
Le plateau compte six cent quatre kilomètres de voirie communale. Les budgets d'entretien cumulés des quatorze communes atteignent 1,18 million d'euros en 2026, soit 1 954 euros par kilomètre et par an.
Le renouvellement d'une couche de roulement coûte, sur les derniers marchés passés ici, quarante-deux mille euros du kilomètre. À 1 954 euros par an et par kilomètre, chaque kilomètre est donc renouvelé tous les vingt et un ans et demi. La durée de vie technique retenue par les mêmes marchés est de quinze ans.
Six ans et demi d'écart. Pour le combler, il faudrait porter l'effort à 2 800 euros par kilomètre, soit 1,69 million d'euros par an : cinq cent dix mille euros de plus, quarante-trois pour cent d'augmentation.
L'unanimité s'arrête là. Roche-Vieille compte quarante et un kilomètres de voirie pour quatre cent soixante-dix habitants, soit quatre-vingt-sept mètres par habitant. Val-d'Ambre en compte vingt et un. Tenir les quinze ans coûterait deux cent quarante-quatre euros par habitant et par an à la première, cinquante-neuf à la seconde. Les onze maires ont coché la même case ; elle ne leur coûte pas le même prix, dans un rapport de un à quatre.
Les trois silences
Chastel-Ambre a répondu, mais en commentaires, et nous avons expliqué plus haut pourquoi nous n'avons pas pu coder cette réponse.
Roche-Vieille n'a répondu à aucun des trois envois. Nous avons vérifié la réception : le courrier du 18 mai a été retiré en mairie le 21.
Vaubernier a répondu par un refus écrit, et il est le seul à s'en être expliqué. Nous le publions intégralement, parce qu'il constitue une réponse à la question que ce questionnaire posait sans la poser : à qui un maire doit-il des comptes, et sous quelle forme.
Je réponds aux administrés, en séance, et à qui vient me voir. Je ne réponds pas à un questionnaire dont je ne connais ni le traitement ni le voisinage de mes cases avec celles des autres. Vous publierez que je n'ai pas répondu ; c'est exact, et j'assume que ce soit lu comme un refus plutôt que comme un oubli.